| | | extrait
de La ligne de suture vague
LA
CREVAISON
Mon élan se renforce et je suis au supplice, mon élan à l'encontre
de ma frivolité, mon élan crée des plaies, mon élan crée des trombes à l'intérieur
de moi, mon élan né d'un souffle, de l'agrandissement d'un transport aérien, mon
élan m'engourdit ou alors il me pousse (à courir jusqu'à la crevaison). Mon élan
me fatigue, je m'affaisse et je souffre, et je voudrais qu'il mue après l'épanchement,
qu'il m'agite et me tende pour me redensifier, qu'il me rende élastique pour qu'enfin
j'encapsule ce qui m'a fascinée. Mais mon élan me porte vers l'ensevelissement
: tu es insaisissable, bien trop loin devant moi ; tu n'as même pas compris que
quelqu'un te suivait.
|

dessin
de couverture : eroné |